
Au cœur de la République Démocratique du Congo, dans la région de la Tshopo, se trouve le peuple Topoke. Moins connus que certains de leurs voisins, ils possèdent pourtant un riche patrimoine, qui marque leur singularité. Si leurs sculptures et objets rituels méritent l’attention, ce sont surtout leurs « Liganda », ces couteaux-monnaies si particuliers, qui captivent l’imagination et témoignent de leur histoire.
Les Topoke sont un peuple bantou dont l’histoire est intimement liée à la forêt équatoriale. Bien que relativement discrets sur la scène internationale, ils ont développé une culture visible notamment à travers leur art.


Sculptures en bois, masques et objets rituels, tous empreints de symbolisme, jouent un rôle essentiel dans leur vie sociale et spirituelle. Ils sont utilisés lors de cérémonies initiatiques, de rites funéraires ou pour communiquer avec les esprits. Mais c’est surtout le Liganda qui rend ce peuple célèbre.


Ces impressionnants couteaux-monnaies en fer forgé, en forme de croix ou de lames courbes, ne sont pas de simples outils utilitaires. Ce sont de véritables œuvres d’art, symboles de richesse, de prestige et de statut social. Ces énormes lames étaient utilisées comme monnaie d’échange.
Avant la colonisation, elles permettaient aux Topoke d’acquérir une épouse en échange de ces monnaies. Plus la Liganda était grande et travaillée, plus elle témoignait de la valeur accordée à la future épouse. Leur présence attestait du statut social et de la prospérité de la famille.
La fabrication d’un Liganda était un processus complexe, réservé aux forgerons les plus talentueux. Chaque couteau était unique, façonné avec soin et orné de motifs symboliques. La taille, la forme et la décoration reflétaient le statut social de son propriétaire et sa valeur en tant que monnaie d’échange.
Bien que leur fonction monétaire ait disparu aujourd’hui, les Liganda sont devenus des objets de collection prisés par les amateurs d’art africain.